Méthodes de parage : et si aucune n’avait raison toute seule ?
J’ai suivi une formation de parage pour apprendre à parer ma jument.
C’était très intéressant, j’ai appris énormément de choses. J’étais convaincue d’avoir choisi la meilleure formation et honnêtement, je le pense encore.
Ai-je été endoctrinée ? Je n’en sais rien.

La méthode ne sera volontairement pas citée car le but de cet article n’est pas d’en vendre une. Je n’en citerai aucune.
Après des années de réflexion et trois types de parage différents testés sur ma jument, je suis arrivée à une conclusion que je vais essayer d’expliquer ici.
Pour une fois, je doute un peu de ce que j’ai appris.
Et surtout, je trouve que ce milieu manque cruellement d’études sérieuses, à large échantillon et réellement reproductibles.
Je n’affirmerai donc rien. Je partage simplement mon analyse, basée sur mon expérience.

Ma jument a été parée longtemps selon la méthode de la formation que j’avais suivie.
Par un pareur bien plus expérimenté que moi (car je ne sais toujours pas parer moi-même malgré la formation… chacun ses compétences on va dire…).
Pendant longtemps, au fond de moi, je n’ai jamais été totalement satisfaite.
Moins d’abcès qu’avant, quand elle était ferrée, certes. Mais toujours des abcès, une grosse sélection du terrain, des hipposandales quasi obligatoires pour éviter les soucis, une sensibilité importante après chaque parage pendant deux ou trois jours, etc.
J’avais beau faire confiance, je n’étais jamais rassurée à 100 %. Mais c’était la meilleure méthode donc il fallait suivre. Les autres ne pouvaient être que moins bien.

Puis il y a eu un déménagement. Et donc, un changement de pareur, non choisi pour sa méthode au départ. Une autre façon de faire, une autre approche.
Je peux vous dire que j’ai eu très peur.
Qu’est-ce que je fais ? Je suis folle ?
Tout ce travail va être gâché ?
Il ne faut pas toucher à ci, ni à ça, ça ne va pas être fait correctement…
Mais il fallait bien parer les pieds de ma jument. C’était toujours mieux que de laisser pousser…
Alors je me suis dit : on essaye une fois.
Et après, au pire, je chercherai quelqu’un d’autre.

Et là, très simplement, sans miracle ni discours… ma jument a été instantanément mieux.
Moins sensible. Plus stable. Plus confortable.
Je ne suis absolument pas en train de dire que cette nouvelle méthode est la meilleure.
Je dis juste une chose : elle convenait mieux à ma jument.

Et c’est là que j’ai commencé à douter de la question qu’on pose toujours : Quelle est la meilleure méthode de parage ?
Existe-t-il vraiment une méthode universelle, valable pour tous les chevaux, tous les terrains, toutes les histoires ?
Ou existe-t-il surtout des chevaux différents, avec des pieds différents, des corps différents, des vécus différents ?
Chaque méthode pense faire ce qu’il y a de mieux, je le crois sincèrement.
Je ne pense pas qu’un professionnel se dise : « Tiens, cette méthode est nulle, je vais parer les chevaux comme ça pour les blesser.»
Pourtant, c’est un fait : ma jument a perdu son énorme sensibilité en changeant de méthode, pour une méthode que je trouvais pourtant moins bonne sur le papier.

Aujourd’hui, je pense donc qu’il faut arrêter de chercher la “bonne méthode”.
Et regarder 3 indicateurs beaucoup plus simples :
- Est-ce que mon cheval est confortable ?
- Est-ce qu’il se déplace sans douleur ?
- Est-ce qu’il va mieux qu’avant ?
Il faut surtout arrêter d’espérer qu’une sensibilité ou une gêne passe par magie, simplement parce qu’on nous dit que “c’est normal”.
Parce qu’au final, la meilleure méthode de parage, ce n’est ni la plus populaire, ni celle qui a le meilleur storytelling. C’est celle qui ne fait pas boiter ma jument ou votre cheval.

Qu’en pensez-vous ?nSuis-je complètement à côté de la plaque ? Qu’avez-vous observé avec votre cheval ?
N’hésitez pas à partager votre avis.
C’est la première fois que j’exprime publiquement une réflexion sur laquelle je mets autant de nuances et de doutes.
Et oui, je ne prétendrai jamais avoir une vérité à 100 %.

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