Chaque été, de petits grains jaunes peu esthétiques apparaissent sur les poils de certains chevaux, principalement sur les membres. La première fois, on fait une petite recherche et… on panique de comprendre qu’on vient de tripoter des œufs de mouche… On se dit qu’il faut les retirer, mais ils sont parfois si nombreux qu’il semble impossible de tous les retirer.

La bonne nouvelle est simple : non, leur présence n’est généralement pas grave. Il est préférable de les enlever lorsque cela est possible, mais quelques œufs oubliés (ou même beaucoup !) ne constituent pas une urgence.

 

Panic GIF by scrubby

 

 

Des parasites impressionnants, mais rarement dangereux

Ces petits grains jaunes sont les œufs de gastérophiles, des mouches dont les larves peuvent vivre dans la bouche puis dans l’estomac du cheval.

Lorsque le cheval se lèche ou se mordille, certaines larves rejoignent sa bouche. Elles y restent temporairement avant de gagner l’estomac, où elles se fixent à la muqueuse.

Ce cycle paraît inquiétant… Pourtant, les gastérophiles sont considérés comme des parasites très peu pathogènes. Des larves peuvent être présentes en nombre important sans provoquer le moindre symptôme. Les complications sérieuses existent, mais elles restent rares pour un cheval.

Dans certains cas, elles peuvent néanmoins causer une irritation de la bouche ou une légère inflammation de l’estomac. Un cheval très infesté pourrait présenter une gêne pour mâcher, une salivation inhabituelle ou des lésions buccales. Mais voir beaucoup d’œufs sur les poils ne signifie pas automatiquement que le cheval héberge beaucoup de larves ou qu’il est malade. Cela montre surtout qu’il est fortement exposé aux mouches dans son environnement. Merci le réchauffement climatique !

Autrement dit : les œufs sont désagréables à voir, mais ils ne doivent surtout pas provoquer de panique.

 

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Que faire lorsqu’on trouve des œufs ?

Il reste préférable de retirer les œufs lorsqu’on le peut. Cela limite simplement le nombre de larves susceptibles d’être ingérées pendant le toilettage.

Un couteau à œufs de gastérophiles permet de les décrocher des poils, mais ce n’est pas toujours facile selon l’endroit. On peut également utiliser un bloc prévu à cet effet ou les retirer manuellement lorsqu’ils sont peu nombreux. Il faut surtout éviter de blesser le cheval en grattant trop fort ou en utilisant une lame sans précaution.

Mais… ce qu’il faut retenir, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’obtenir un résultat parfait.

Si le cheval vit au pré, s’il est peu manipulé ou si les œufs réapparaissent chaque jour, ne pas réussir à tous les enlever n’est pas grave ! Retirer ce que l’on peut est utile, passer des heures à traquer chaque œuf ne l’est pas. Désagréable pour lui comme pour vous.

La présence d’œufs ne justifie pas non plus de donner immédiatement un vermifuge au hasard. Les recommandations actuelles indiquent que les gastérophiles, en raison de leur faible pouvoir pathogène, ne doivent pas à eux seuls dicter les décisions de traitement. Ils sont généralement pris en charge dans le cadre du programme antiparasitaire habituel, souvent avec un traitement adapté après la saison des mouches. Le produit et le moment doivent être définis avec le vétérinaire ou la personne responsable du suivi sanitaire du cheval.

La coproscopie reste importante pour organiser une vermifugation raisonnée, notamment contre les strongles. En revanche, elle ne permet pas de rechercher les gastérophiles : leurs œufs sont déposés sur les poils, et non éliminés dans les crottins comme ceux de nombreux vers intestinaux. Une copro négative ne signifie donc pas qu’aucune larve de gastérophile n’est présente.

En pratique :

  • retirez les œufs lorsque vous en avez l’occasion.

  • ne culpabilisez pas s’il en reste.

  • ne vermifugez pas en urgence uniquement parce qu’ils sont nombreux.

  • conservez un programme antiparasitaire raisonné, incluant des coproscopies et des traitements décidés selon les besoins du cheval.

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Faut-il donc s’en inquiéter ?

Non, tant que le cheval va bien.

Des œufs jaunes nombreux sur les jambes sont avant tout le signe d’un été riche en gastérophiles. On les enlève autant que raisonnablement possible, puis on laisse le protocole antiparasitaire habituel faire le reste.

Le véritable problème n’est pas d’avoir oublié quelques œufs. Ce serait plutôt de multiplier les vermifuges par inquiétude, alors que leur utilisation excessive favorise les résistances et ne protège pas mieux le cheval.

À très vite pour le prochain article !

 

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