Faut-il couvrir son cheval ? Pourquoi les couvertures protègent mal (analyse technique)

Ne pas mettre de couverture paraît toujours bizarre et on nous pose énormément de questions… La plupart des gens, au premier frisson humain, se diront que leur cheval doit ressentir exactement la même chose : “J’ai froid donc il a froid, il a besoin d’un manteau comme moi !”

Sauf que non en fait.

 Le cheval n’est pas un humain fragile qui grelotte dès que la température passe sous les 10°C. C’est un animal génialement conçu pour gérer le froid… à condition qu’on le laisse faire son travail et que son environnement ne soit pas extrême.

Note : Cet article n’est pas destiné aux chevaux vivant au fin fond du Canada, soyons honnêtes.

En voulant faire bien, on met des couvertures mais, techniquement, elles posent problème : elles protègent mal, souvent au mauvais endroit, et remplacent un système naturel infiniment plus performant.

Voici les points dont on ne parle pas assez dans le monde équin, notamment des points techniques… alors que les sports d’alpinisme et de randonnée pédestre sont, eux, bien plus avancés sur ces questions.

 

Crusoegifs science chemistry science experiment crusoe GIF

 

Le cheval ne déteste pas le froid, il déteste le vent

C’est la première chose à comprendre. Un cheval en bonne santé, avec du poil et du foin, est parfaitement à l’aise dans des températures où nous, humains, serions en manteau de ski. Sa zone de confort thermique se situe entre 5°C et 25°C et s’adapte même selon son environnement. 5°C ! Moi je gèle à 5°C !

C’est donc difficile d’imaginer qu’un cheval puisse aller bien… mais il faut faire confiance à la science.

Ce que le cheval redoute vraiment, c’est :

– le vent qui s’infiltre dans les oreilles

– les rafales sur la tête

– le froid qui attaque la base du cou

– le ruissellement vers le sternum

La couverture, elle,  bah elle protège… le dos ! Pas la tête, pas le ventre, pas les membres.

Bref : là où le cheval en a le moins besoin.

 

TV gif. Chris Pratt as Andy on Parks and Recreation looks straight at the camera as he cringes, gritting his teeth widely. He shakes his fists and then goes to bite his fist.

 

 

Observez un cheval dans un pré venteux : il se met dos au vent pour protéger sa tête, quitte à ce que sa couverture se gonfle comme un ballon. C’est son instinct, sa vraie protection. La couverture ne peut pas l’aider dans ces conditions…

 

Les zones sensibles ne sont pas celles que la couverture recouvre

Les parties du corps réellement exposées au froid ou à l’humidité sont : le sternum, la base du cou, les flancs, le ventre, les membres, les oreilles et le chanfrein. La couverture ne protège aucune de ces zones à ma connaissance. Elle couvre le dos (déjà épais, arrondi et très bien isolé) et les reins (protégés par les masses musculaires). C’est littéralement l’endroit où il a le moins froid si non tondu. C’est comme couvrir un humain avec un manteau quand il est fait froid mais sans pantalon, sans gants, sans. bonnet.

 

Video gif. A man in a business suit is stuck hips down in snow during a blizzard. His hair is messy and dusted with snow, ice forming on his beard. Snow pummels him as he shivers intensely.

 

“Imperméable” + “respirant” n’existe pas vraiment

Techniquement, c’est impossible. Même Gore-Tex n’arrive pas totalement à combiner les deux pour les humains.

Ce qu’on sait : 

Plus un tissu est imperméable → moins il respire.

Plus il respire → moins il est imperméable.

 

Les couvertures équines utilisent : des enductions polyuréthane (très peu respirantes), du polyester (plus respirant mais vite dépassé sous pluie prolongée) et très rarement de vraies membranes type Gore-Tex (trop fragiles, trop chères).

 

Cela a pour conséquence directe que la vapeur d’eau condense sous la couverture surtout si le grammage est trop haut ou si la température remonte. Le cheval sera donc humide dessous et un cheval humide a beaucoup plus froid qu’un cheval mouillé par la pluie car son humidité interne ne peut pas s’évacuer. C’est un point technique imparable, non ?

 

That Science Guy Chemistry GIF

 

Le poil naturel est une technologie largement supérieure

Le cheval possède son propre “système thermique haute performance” : le poil. Sa technicité est impressionnante : il se hérisse pour emprisonner une couche d’air chaud et s’aplatit si le cheval a trop chaud. Il protège même mouillé (grâce au sébum), sèche vite et s’adapte en temps réel à la météo. Quel textile artificiel peut se venter de faire ça ? Aucun.

C’est un système vivant, intelligent et auto-adaptatif. À côté, la couverture reste un manteau rigide et passif.

 

Bundle Up A Christmas Story GIF

 

La couverture sert surtout à remplacer un poil… que le cheval n’a plus (si tondu)

Une couverture n’est utile que lorsque le cheval a perdu son isolation naturelle parce qu’il a été tondu, couvert trop tôt (poil qui pousse moins) ou parce qu’il a un réel problème métabolique.

La couverture ne sert pas à “protéger un cheval du froid”, mais à remplacer un poil qu’il ne peut plus utiliser souvent (pas tout le temps) en raison d’un choix humain, valable ou non.

C’est un cercle vicieux car si on couvre tôt → le poil pousse moins → le cheval a froid → on couvre plus → le poil travaille encore moins et ainsi de suite. Cela justifie pourquoi tant de chevaux ont besoin de couverture.

 

Kawaii gif. Pudgy penguin has a bow on her head and she leans her head on a table as she sobs. There's a puddle of tears around her head on the table.

 

La condensation sous couverture donne plus froid que la pluie

Ce point semble être le plus méconnu. Sous une couverture trop chaude ou mal respirante le cheval transpire légèrement, l’humidité reste piégée, ça condense, l’isolation disparaît et bam, le corps se refroidit. Le cheval “protégé” aura ainsi plus froid qu’un cheval sans couverture.

 

Freezing Parks And Recreation GIF by MOODMAN

 

Le cheval chauffe grâce au foin… pas grâce à la couverture

Les chevaux produisent de la chaleur via la digestion des fibres ce qui en fait leur chauffage central. Un cheval avec les 3 basiques, c’est-à-dire, du foin, de la liberté de mouvement et un abri pour s’isoler du vent n’aura pas froid et donc n’a pas besoin de couverture. La couverture ne chauffera jamais rien. Elle ne fait que piéger la chaleur si le cheval en produit assez.

 

Fuzzlets love happy i love you joy GIF

Et alors… quand couvrir ?

Rarement. Voici les bonnes raisons réelles :

– cheval tondu

– cheval très âgé avec perte d’état significative

– conditions extrêmes : pluie + vent + impossibilité de se mettre à l’abri

– pathologie ou faiblesse avérée

– c’est tout

 

In Real Life Mic Drop GIF by Pudgy Penguins

 

See you next month pour le prochain article !

 

Le mythe du cheval rustique : où s’arrête la nature et où commence la négligence ?

Cheval rustique…

On entend souvent ce terme pour désigner les chevaux “mastoc”, plus résistants que les autres, notamment que les “chevaux de sport”.

Ils peuvent vivre dehors toute l’année, se débrouiller seuls, n’auraient pas besoin d’autant d’attention qu’un autre…

 

proud oh yeah GIF by Sky

 

Mais qu’est-ce que ce terme signifie vraiment ?

Un cheval rustique, au sens réel du terme, désigne un cheval capable de s’adapter à un environnement plus contraignant : climat froid, terrain irrégulier, nourriture plus grossière.

Il possède un métabolisme économe, un poil dense, une peau épaisse. Il supporte mieux les variations de température. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’a pas de besoins, ni qu’il ne peut pas avoir de problèmes.

Être rustique ne veut pas dire être invincible. Cela veut simplement dire qu’il s’adapte mieux, à condition qu’on lui en donne les moyens.

 

Taking Care Mother GIF

 

Les croyances tenaces

Certains pensent qu’un cheval rustique n’a besoin ni d’abri, ni de ration, ni de soins particuliers.

Ils confondent résistance et immunité. Oui, il supportera mieux le froid qu’un cheval tondu, mais il ne sera jamais à l’abri de l’humidité constante, de la boue ou du manque d’abri.

“Il ne se blesse jamais.”

Faux. Les chevaux rustiques se roulent, jouent, galopent, vivent… bref, ils peuvent se blesser comme tous les autres. La différence, c’est qu’ils vivent dehors : les petites plaies passent parfois inaperçues… jusqu’à ce qu’elles s’infectent.

 

“Il n’a pas besoin de complément.”

Faux. Une alimentation “simple” ne veut pas dire “carencée”. L’herbe d’hiver ne suffit pas, et le foin ne couvre pas tout. Les chevaux rustiques ont eux aussi besoin d’un apport en minéraux adaptés, surtout quand ils vivent sur des terrains pauvres.

 

“Il n’a pas besoin de couverture.”

Ça dépend. Certains s’en sortent très bien sans, d’autres non : vieux chevaux, métabolismes fragiles, pluie froide sans abri… Ce n’est pas le poil qui protège, c’est la possibilité de se mettre à l’abri.

 

“Il est dehors, donc heureux.”

Pas forcément. Un cheval dehors mais isolé, sans espace sec, sans abri et sans compagnon, n’est pas plus épanoui qu’un cheval au box. La liberté sans confort ni lien social n’a rien de naturel.

 

“Ses pieds ont besoin de moins d’entretien.”

Faux. Sans parage, les pieds s’usent mal, se déforment ou deviennent douloureux. Même les sabots les plus “solides” ont besoin d’un suivi régulier. La rusticité est une capacité d’adaptation et non une excuse pour l’inaction.

 

Frustrated Katy Perry GIF by American Idol

 

 

Les vrais besoins de ces chevaux

Eh bien… ce sont les mêmes que tous les autres ! Aucune différence. Un cheval rustique reste un cheval : il a les mêmes besoins fondamentaux que n’importe quel autre (mouvement, compagnie, alimentation continue). Ce qui change, c’est seulement la marge de tolérance… et encore.

Il encaissera mieux le froid, mais pas la solitude. Il gèrera mieux une ration simple, mais pas le manque d’eau propre ou de fibre.

Le bon sens consiste à lui offrir un cadre qui respecte cette vie, sans le priver de confort ni de soins sous prétexte qu’il est “rustique”.

Être rustique ne veut pas dire qu’il faut “laisser faire la nature”.

 

Magic Penguin GIF by Pudgy Penguins

Conclusion

Le vrai cheval rustique n’est pas celui qu’on oublie dehors parce qu’il “s’en sortira”. C’est celui qui vit simplement dans un environnement pensé pour lui, avec un humain présent mais discret.

Respecter sa nature, ce n’est pas s’effacer : c’est lui offrir les conditions pour exprimer pleinement ce qu’il est, sans jamais le laisser seul face à nos illusions. La vraie rusticité, c’est celle qu’on observe avec bienveillance, pas celle qu’on impose par facilité.

Rdv le mois prochain pour un nouvel article !

 

Les petites cruautés banales que les cavaliers infligent aux chevaux (sans même y penser)

Je trouve que les cavaliers sont souvent cruels avec leurs chevaux. Je pense que je l’ai moi-même été, inconsciemment… On les maltraite sans faire exprès, à cause de mauvais apprentissages ou, tout simplement, à cause du concept même de l’équitation. Un jour, en voyant quelqu’un faire quelque chose qui m’a choqué, mais qui semblait si banal, je me suis demandée si ce genre de gestes n’étaient pas en réalité ultra nombreux. Je me suis donc attelée à en faire une liste.

Je ne vais pas argumenter ni détailler, parce qu’il n’y a rien à prouver. Ces gestes existent, tout cavalier les a déjà vus, parfois répétés, parfois subis par son propre cheval. Ce sont des faits.

 

 

 

Alors, au lieu d’en discuter pendant des pages, je préfère les mettre noir sur blanc. Une liste brute, sans justification. La voici, en 4 catégories :

À l’attache / au pansage

  • Attacher trop court
  • Laisser attaché trop longtemps (soins, discussions) sans eau ni foin
  • Brosser trop fort sur les zones sensibles (ventre, garrot, tête)
  • Curer le pied en forçant, au lieu de demander
  • Couper les vibrisses (moustaches)
  • Tondre pour le confort du cavalier

 

Sad Chick GIF

 

 

Avec le matériel

  • Mettre des fers sans questionner
  • Serrer la muserolle / le noseband
  • Mettre un mors inadapté
  • Appuyer fort sur le chanfrein en licol
  • Utiliser des enrênements
  • Poser une selle ou un tapis mal adaptés
  • Monter avec une sangle qui pince ou un mors sale

 

Au travail

  • Tirer d’un coup sec sur la longe ou le licol
  • Taper l’encolure ou la croupe
  • Donner un coup de talon
  • Donner un coup de cravache
  • Mettre des éperons
  • Sanctionner un cheval qui sursaute ou a peur
  • Ne pas donner de pauses pendant la séance
  • Faire galoper ou trotter longtemps “pour fatiguer”
  • Travailler malgré les signaux de douleur (oreilles couchées, défenses, refus)
  • Monter sans échauffement
  • Garder les rênes serrées en permanence
  • Monter sans prendre en compte le rapport cavalier/cheval (poids, morphologie)
  • Se hisser brutalement sans montoir, en tirant sur le garrot ou la bouche
  • Monter sans variété (cheval vu uniquement comme “monture”)
  • Monter tout court
  • Certaines disciplines…

Wild West Texas GIF by Pudgy Penguins

 

 

Dans la gestion quotidienne

  • Mettre une couverture et la laisser tout le temps
  • Sortir le cheval trop peu (box 23h, travail 1h)
  • Ne jamais lui offrir de vraie liberté (pré, paddock, balade en main)
  • Laisser un cheval seul
  • Ignorer un cheval qui appelle ou manifeste son inconfort
  • Forcer un cheval à quitter ses copains
  • Décaler ou restreindre ses repas

 

 

Ces gestes paraissent petits, parfois insignifiants. Ils sont banals, transmis de génération en génération, reproduits sans y penser. Pourtant, ce sont eux qui usent les chevaux à petit feu, bien plus sûrement que les grands scandales qu’on aime pointer du doigt. Ce sont aussi eux qui choquent immédiatement les non-cavaliers, amis des animaux, quand ils découvrent notre milieu.

La bonne nouvelle ? Chacun de ces gestes peut disparaître dès aujourd’hui. Pas besoin de révolutionner le monde équestre d’un coup : il suffit de commencer par changer son propre quotidien.

Un cheval n’a pas besoin de perfection. Il a besoin d’un cavalier qui questionne ses habitudes, qui ose se remettre en question. Ces petites cruautés banales peuvent devenir, demain, de petites attentions banales. Et ce jour-là, ce sera déjà une grande victoire pour le monde de l’équitation.

Êtes-vous d’accord avec ma liste ? Ajouteriez-vous ou enlèveriez-vous des éléments ? Je peux changer d’avis… Ne pas s’énerver…

 

I Love You Kiss GIF by The Plooshies

Top 5 des pires erreurs que j’ai faites avec mon cheval (et comment les éviter)

J’en ai fait des erreurs avec ma jument. Certaines que je considère comme drôles, mais d’autres limite comme graves. J’ai donc fait un top 5 des erreurs que je considère comme les pires pour vous éviter de faire comme moi. Il sera bien sûr complètement impossible de toutes les éviter, mais voici les plus importantes.

Je les assume pleinement car elles m’ont permis d’évoluer et d’apprendre.

 

1. Avoir cru que le paddock sans herbe est bien pour un cheval

Pendant presque deux ans, j’ai accepté ce combo : paddock sans herbe car ça ne repousse jamais, un peu de foin, un copain parfois. Je me disais “c’est pas si mal”, “au moins elle n’est pas en box”…

Mais la vérité, c’est que le cheval se fait grave c****. Il mange, il attend. Il n’a rien à explorer, rien à faire. Et oui, il est content de nous voir parce qu’on est la seule distraction de sa journée…

 

Ce que j’en ai tiré : on peut faire mieux que “pas pire”. Et même si le paddock avec foin peut dépanner, ça ne doit jamais être une finalité. Votre cheval doit être au pré ou en paddock paradise pour forcer le déplacement.

 

horse GIF

 

 

2. Avoir insisté sur la compétition avec un cheval qui déteste ça

Un cheval, ça a une personnalité. Certains aiment la compétition, et d’autres non.

Peu importe la raison : peur, stress, flemme… s’ils n’aiment pas, on n’a pas à forcer. Ça ne marchera jamais et pire, votre cheval sera malheureux.

Des tonnes de chevaux aiment la compétition, enchaîner les parcours, etc. Mais malheureusement pas tous, donc il faut toujours faire attention à ça lors du choix du cheval. Difficile avec un poulain, mais je ne conseillerais jamais d’acheter un poulain à un débutant.

 

Ce que j’en ai tiré : quand ton cheval dit non, écoute-le et change tes objectifs. Ne le vends pas pour autant, découvre une autre vie tout aussi passionnante avec lui.

 

Pokemon Friendship GIF

 

 

3. Croire que le cheval a absolument besoin de travailler

Je lui inventais un petit planning d’athlète bien structuré, je venais pour travailler, entretenir, “stimuler”.

Mais bizarrement, elle n’avait aucune motivation pour aller en carrière. Et dès que je venais juste pour la promener, la faire brouter, rester tranquille… elle me suivait partout avec entrain et en redemandait.

Si vous ne visez pas les JO, sincèrement, pas besoin d’en faire autant.

Laissez votre cheval tranquille au pré, il sera très heureux, et sortez-le pour des séances fun (pas du “travail”, hein, des séances brouting, découverte des horizons par exemple).

Il est certain que les balades à pied doivent être plus longues quand le cheval ne fait rien, pour éviter de trop grossir, mais il marche déjà assez dans son pré pour éviter la sédentarité.

Au box, c’est un autre problème : le travail est obligatoire pour compenser le non-mouvement…

 

Ce que j’en ai tiré : un cheval n’a pas besoin de travailler, une bonne relation suffit.

 

Love You Hug GIF by SWR Kindernetz

 

 

4. Avoir acheté un cheval sans vraiment savoir ce que ça impliquait

Je pensais être prête. Mais entre le budget (allez voir mon Horse Cost Calculator ici), le stress, le temps, les décisions, les doutes… j’étais loin d’imaginer tout ça.

Je l’aime profondément. Mais clairement, ce n’est pas un rêve. C’est un engagement quotidien, exigeant et parfois épuisant. Une énorme responsabilité.

Le cheval aura besoin de nous pour toute sa vie si la relation se crée.

 

Ce que j’en ai tiré : on peut aimer les chevaux sans forcément être prêt à en assumer un. Et c’est ok. Mais mieux vaut le savoir avant.

 

Penguin Data GIF by Pudgy Penguins

 

 

5. Avoir trop écouté les pros

Le moniteur qui conseille sur les abcès, le véto sur les fers, le maréchal sur la nutrition… tout le monde a son avis… Et souvent, ils se contredisent…

J’ai bien compris qu’il ne fallait pas tout prendre dans les conseils pour ne pas se perdre, ne pas faire n’importe quoi aveuglément.

Aujourd’hui, je sais qu’il faut écouter, mais aussi chercher. Lire les études, croiser les sources, observer, réfléchir par soi-même.

Beaucoup trop se trompent, et parfois lourdement.

Et pire, en France, l’ésotérisme est à son maximum dans le monde équin, et certains se mettent à croire à n’importe quoi et donnent des conseils magiques complètement inutiles (même pas placebo, car aucun effet…).

 

Ce que j’en ai tiré : toujours appeler un vétérinaire pour un vrai souci de santé, c’est une évidence.

Mais pour tout le reste : s’informer, comparer, et se faire confiance.

 

Explain Pump It GIF by Pudgy Penguins

 

 

Conclusion

Je pourrais en faire une liste plus longue, vu toutes mes erreurs, soyons honnêtes.

Mais ces erreurs-là m’ont marquée et m’ont permis de changer des choses concrètes dans la vie de ma jument.

Aujourd’hui, je suis fière de dire que ma jument est heureuse, mais… je continue encore de faire de nombreuses erreurs !

À très vite pour le prochain article !

Comment bien gérer un cheval au pré ? 10 conseils clés

1. Toujours des copains, jamais seul

Un cheval est un animal grégaire. La solitude est une source de stress et de mal-être. Un compagnon est indispensable pour son équilibre mental.

 

2. Jamais de licol au pré

Laisser un licol, même bien ajusté, est dangereux : risque d’accrochage, d’étranglement et de blessures. Si besoin, optez pour un collier de pré sécurisé.

 

3. Une eau propre toute l’année

Un abreuvoir doit être vérifié quotidiennement. L’eau stagnante = bactéries, algues, et refus de boire. En hiver, cassez la glace matin et soir.

 

 

4. Le foin, le chauffage naturel

Un cheval produit de la chaleur en digérant le foin. Mieux vaut du foin à volonté que de le couvrir inutilement.

 

5. Tonte et couverture : évitez au pré

Un cheval passe 1h sur 24 à travailler, et 23h à gérer son corps naturellement. Ses poils sont là pour une raison : respectez son cycle naturel.

 

 

6. Un abri est obligatoire, surtout en été

Vent, pluie, grosse chaleur… Un abri ouvert est indispensable pour que le cheval puisse se protéger s’il en ressent le besoin.

 

7. Surveillance quotidienne obligatoire

Cheval, clôtures, état général : tout doit être vérifié chaque jour. Un cheval au pré n’est pas en autonomie totale.

 

8. Enrichissez son environnement

Évitez l’ennui : mettez le foin loin de l’eau pour l’inciter à bouger, installez une brosse à gratter, variez les terrains si possible.

 

 

9. Contre les tiques, hydratez les sabots

Appliquez une crème hydratante type Animaderm sur les sabots : ça gêne les tiques et réduit leur accrochage.

 

10. Masque anti-mouches : oui, mais pas H24 !

Un masque protège, mais il doit être enlevé et nettoyé régulièrement pour éviter les irritations et infections.

Comment faire monter son cheval dans un van ou un camion : conseils pratiques et immédiats

Vous essayez de faire monter votre cheval dans un van, mais il refuse ? Cet article est fait pour vous ! Attention cependant, ce guide n’a pas vocation à résoudre le problème sur le long terme, notamment si vous comptez utiliser un van régulièrement. Il a été rédigé pour vous aider dans des situations occasionnelles, avec des chevaux non habitués. Il est encore moins adapté aux chevaux traumatisés par cette « boîte machiavélique ».

 

 

Pourquoi le cheval refuse-t-il d’embarquer ?

Tout d’abord, il faut comprendre pourquoi le cheval refuse de monter en répondant à quelques questions :

  • Est-il déjà monté dans un van ?
    Si ce n’est pas le cas, cet article n’est pas destiné à cette situation, car je ne souhaite pas vous induire en erreur dans l’apprentissage. Un autre article arrivera sur ce sujet. Ici, nous nous concentrons sur les chevaux un peu réticents, pour des cas ponctuels.
  • Son voyage précédent s’est-il bien passé ?
    À moins d’un grave accident, ne vous inquiétez pas, nous allons vous aider à gérer la situation.
  • Y a-t-il un autre cheval avec lui dans le van ?
    Un cheval n’aime pas être seul. Il sera souvent plus rassuré s’il a un compagnon dans le van. La présence d’un congénère peut rendre l’expérience plus agréable pour lui. Toutefois, attention : ne lui retirez pas ce compagnon une fois qu’il est embarqué. Sinon, il se souviendra de ce « trafalgar » et pourrait refuser de monter la prochaine fois.
  • Est-il traumatisé par le van ?
    Si c’est le cas, cet article ne sera pas suffisant. Dans ce type de situation, il est préférable de faire appel à un professionnel qui saura résoudre ce genre de problème.
  • Ne savez-vous pas comment vous y prendre ?
    Parfait ! Cet article est là pour vous aider.
  • Comment procédez-vous actuellement ?
    Peu importe votre méthode, je vais vous donner une approche simple et efficace.
  • Avez-vous de la patience ?
    Comment ça « un peu » ? Il en faut beaucoup ! Avec les chevaux, la patience est toujours essentielle. Prévoyez une belle marge de temps si votre cheval est réticent à monter dans un van : c’est la règle principale !

 

 

La méthode à utiliser en temps réel

Bon, si vous lisez cet article dans le froid, à côté d’un van, pendant que votre cheval refuse obstinément de monter, je ne vais pas tourner autour du pot. Vous avez essayé de le faire entrer… et il est toujours dehors ?

Désolée pour vous, bon courage et… à plus tard !
Ahah, j’arrête mon humour douteux. Voici une méthode qui ne vient pas de moi mais qui fonctionne. Testée et approuvée sur plusieurs chevaux, dont ma jument.

 

 

Règle numéro 1 : Pas de violence

Pas de cravache, pas de stick, pas d’énervement. Ces méthodes ne feront qu’empirer la situation pour les prochaines fois, même si elles semblent « fonctionner » sur le moment. On range tout, on se calme, on respire profondément et lentement, et on reprend posément.

 

 

Comment procéder ?

Soyez patient et bienveillant avec votre cheval, et suivez ces étapes :

  1. Approchez calmement du van avec votre cheval.
    • Tentez de monter avec lui dans le van ou le camion.
    • S’il bloque, ne vous inquiétez pas, c’est normal sinon vous ne seriez pas en train de lire cet article.
  2. S’il recule :
    • Ne le suivez surtout pas, mais gardez la longe tendue. Attendez qu’il relâche la tension de son côté (ce qui correspond à un pas en avant, même infime).
    • Dès ce relâchement, cédez immédiatement de votre côté et récompensez-le avec sa friandise préférée.
  3. Répétez cette méthode progressivement :
    • À chaque signe d’effort de sa part (un pas en avant, un regard vers le van), récompensez-le.
    • Lorsque votre cheval pose un sabot sur le pont ou à l’entrée du van, ne forcez surtout pas. Récompensez largement, même s’il recule ensuite.
  4. Continuez jusqu’à ce qu’il monte complètement :
    • Le processus peut être long, mais si vous êtes constant et que le cheval vous fait confiance, il finira par monter.
    • Le plus « têtu » (dans le bon sens du terme) gagnera : restez plus persévérant que lui.

 

 

Quelques précautions importantes :

  • Prévoir une aide : Une seconde personne est indispensable pour fermer la barre de recul ou la porte dès que le cheval est à l’intérieur. Sinon, il risque de reculer, de se faire peur, voire de se blesser.
  • Sécurité avant tout : Soyez vigilant pour éviter les accidents (tant pour vous que pour lui).

 

 

Et si ça ne marche pas ?

Si, malgré vos efforts, votre cheval refuse toujours de monter, c’est que le problème est plus profond. Dans ce cas :

  • Abandonnez pour aujourd’hui, sauf en cas d’urgence vétérinaire (dans ce cas, faites appel à plusieurs personnes pour l’aider sans violence).
  • Ne considérez pas cela comme un échec.
  • Reprenez les bases et travaillez sur le long terme. Ce n’est pas un abandon mais une preuve de sagesse : savoir reconnaître quand il faut s’arrêter est une force.

Avec du temps, de la patience, et une méthode adaptée, vous y arriverez. Peut-être pas aujourd’hui, ni demain, mais souvent bien plus vite qu’on ne le pense.

 

 

Prévenir le problème sur le long terme

Je vous ai donné une méthode pour gérer sur le moment, mais le mieux reste de prévenir ce problème en apprenant à votre cheval à monter dans un van facilement, et pourquoi pas de lui-même.

Voici une vidéo très intéressante sur un cheval qui ne connait pas du tout le van :

 

Bien sûr, le van ou le camion doit être un endroit confortable pour lui :

  • Copain : Un autre cheval peut le rassurer.
  • Foin et bonnes odeurs : Rendre l’endroit agréable.
  • Température : Évitez les conditions trop chaudes ou trop froides.
  • Conduite douce : Les trajets doivent être le moins stressants possible.

De plus, ne lui laissez pas comprendre qu’un événement stressant l’attend. Adoptez une approche subtile : allez le chercher comme si c’était une journée ordinaire. Rien de pire que de sortir des protections spéciales de transport pour lui faire comprendre que quelque chose de désagréable va se passer !

Rappelez-vous que, même si le cheval n’est pas l’animal le plus « intelligent », il est très sensible à vos émotions. Si vous êtes inquiet ou stressé, il le ressentira immédiatement. À ce niveau-là, il nous surpasse largement !

 

 

Conclusion

Beaucoup de cavaliers ont été confrontés à ce problème, et c’est complètement normal. Ce n’est pas grave, et c’est un souci qui peut se résoudre avec du temps et des efforts.

Votre allié principal est la patience ! Armez-vous de munitions (friandises, calme, temps) et soyez prêt à repartir de zéro si nécessaire, surtout si le problème est plus profond qu’un simple « ça m’embête aujourd’hui ». Pour un cheval traumatisé, le processus demandera plus de travail, mais il est possible de réussir.

Courage ! Vous allez y arriver !

Et à très vite dans un prochain article !

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