Le mythe du cheval rustique : où s’arrête la nature et où commence la négligence ?

Cheval rustique…

On entend souvent ce terme pour désigner les chevaux “mastoc”, plus résistants que les autres, notamment que les “chevaux de sport”.

Ils peuvent vivre dehors toute l’année, se débrouiller seuls, n’auraient pas besoin d’autant d’attention qu’un autre…

 

proud oh yeah GIF by Sky

 

Mais qu’est-ce que ce terme signifie vraiment ?

Un cheval rustique, au sens réel du terme, désigne un cheval capable de s’adapter à un environnement plus contraignant : climat froid, terrain irrégulier, nourriture plus grossière.

Il possède un métabolisme économe, un poil dense, une peau épaisse. Il supporte mieux les variations de température. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’a pas de besoins, ni qu’il ne peut pas avoir de problèmes.

Être rustique ne veut pas dire être invincible. Cela veut simplement dire qu’il s’adapte mieux, à condition qu’on lui en donne les moyens.

 

Taking Care Mother GIF

 

Les croyances tenaces

Certains pensent qu’un cheval rustique n’a besoin ni d’abri, ni de ration, ni de soins particuliers.

Ils confondent résistance et immunité. Oui, il supportera mieux le froid qu’un cheval tondu, mais il ne sera jamais à l’abri de l’humidité constante, de la boue ou du manque d’abri.

“Il ne se blesse jamais.”

Faux. Les chevaux rustiques se roulent, jouent, galopent, vivent… bref, ils peuvent se blesser comme tous les autres. La différence, c’est qu’ils vivent dehors : les petites plaies passent parfois inaperçues… jusqu’à ce qu’elles s’infectent.

 

“Il n’a pas besoin de complément.”

Faux. Une alimentation “simple” ne veut pas dire “carencée”. L’herbe d’hiver ne suffit pas, et le foin ne couvre pas tout. Les chevaux rustiques ont eux aussi besoin d’un apport en minéraux adaptés, surtout quand ils vivent sur des terrains pauvres.

 

“Il n’a pas besoin de couverture.”

Ça dépend. Certains s’en sortent très bien sans, d’autres non : vieux chevaux, métabolismes fragiles, pluie froide sans abri… Ce n’est pas le poil qui protège, c’est la possibilité de se mettre à l’abri.

 

“Il est dehors, donc heureux.”

Pas forcément. Un cheval dehors mais isolé, sans espace sec, sans abri et sans compagnon, n’est pas plus épanoui qu’un cheval au box. La liberté sans confort ni lien social n’a rien de naturel.

 

“Ses pieds ont besoin de moins d’entretien.”

Faux. Sans parage, les pieds s’usent mal, se déforment ou deviennent douloureux. Même les sabots les plus “solides” ont besoin d’un suivi régulier. La rusticité est une capacité d’adaptation et non une excuse pour l’inaction.

 

Frustrated Katy Perry GIF by American Idol

 

 

Les vrais besoins de ces chevaux

Eh bien… ce sont les mêmes que tous les autres ! Aucune différence. Un cheval rustique reste un cheval : il a les mêmes besoins fondamentaux que n’importe quel autre (mouvement, compagnie, alimentation continue). Ce qui change, c’est seulement la marge de tolérance… et encore.

Il encaissera mieux le froid, mais pas la solitude. Il gèrera mieux une ration simple, mais pas le manque d’eau propre ou de fibre.

Le bon sens consiste à lui offrir un cadre qui respecte cette vie, sans le priver de confort ni de soins sous prétexte qu’il est “rustique”.

Être rustique ne veut pas dire qu’il faut “laisser faire la nature”.

 

Magic Penguin GIF by Pudgy Penguins

Conclusion

Le vrai cheval rustique n’est pas celui qu’on oublie dehors parce qu’il “s’en sortira”. C’est celui qui vit simplement dans un environnement pensé pour lui, avec un humain présent mais discret.

Respecter sa nature, ce n’est pas s’effacer : c’est lui offrir les conditions pour exprimer pleinement ce qu’il est, sans jamais le laisser seul face à nos illusions. La vraie rusticité, c’est celle qu’on observe avec bienveillance, pas celle qu’on impose par facilité.

Rdv le mois prochain pour un nouvel article !

 

Les petites cruautés banales que les cavaliers infligent aux chevaux (sans même y penser)

Je trouve que les cavaliers sont souvent cruels avec leurs chevaux. Je pense que je l’ai moi-même été, inconsciemment… On les maltraite sans faire exprès, à cause de mauvais apprentissages ou, tout simplement, à cause du concept même de l’équitation. Un jour, en voyant quelqu’un faire quelque chose qui m’a choqué, mais qui semblait si banal, je me suis demandée si ce genre de gestes n’étaient pas en réalité ultra nombreux. Je me suis donc attelée à en faire une liste.

Je ne vais pas argumenter ni détailler, parce qu’il n’y a rien à prouver. Ces gestes existent, tout cavalier les a déjà vus, parfois répétés, parfois subis par son propre cheval. Ce sont des faits.

 

 

 

Alors, au lieu d’en discuter pendant des pages, je préfère les mettre noir sur blanc. Une liste brute, sans justification. La voici, en 4 catégories :

À l’attache / au pansage

  • Attacher trop court
  • Laisser attaché trop longtemps (soins, discussions) sans eau ni foin
  • Brosser trop fort sur les zones sensibles (ventre, garrot, tête)
  • Curer le pied en forçant, au lieu de demander
  • Couper les vibrisses (moustaches)
  • Tondre pour le confort du cavalier

 

Sad Chick GIF

 

 

Avec le matériel

  • Mettre des fers sans questionner
  • Serrer la muserolle / le noseband
  • Mettre un mors inadapté
  • Appuyer fort sur le chanfrein en licol
  • Utiliser des enrênements
  • Poser une selle ou un tapis mal adaptés
  • Monter avec une sangle qui pince ou un mors sale

 

Au travail

  • Tirer d’un coup sec sur la longe ou le licol
  • Taper l’encolure ou la croupe
  • Donner un coup de talon
  • Donner un coup de cravache
  • Mettre des éperons
  • Sanctionner un cheval qui sursaute ou a peur
  • Ne pas donner de pauses pendant la séance
  • Faire galoper ou trotter longtemps “pour fatiguer”
  • Travailler malgré les signaux de douleur (oreilles couchées, défenses, refus)
  • Monter sans échauffement
  • Garder les rênes serrées en permanence
  • Monter sans prendre en compte le rapport cavalier/cheval (poids, morphologie)
  • Se hisser brutalement sans montoir, en tirant sur le garrot ou la bouche
  • Monter sans variété (cheval vu uniquement comme “monture”)
  • Monter tout court
  • Certaines disciplines…

Wild West Texas GIF by Pudgy Penguins

 

 

Dans la gestion quotidienne

  • Mettre une couverture et la laisser tout le temps
  • Sortir le cheval trop peu (box 23h, travail 1h)
  • Ne jamais lui offrir de vraie liberté (pré, paddock, balade en main)
  • Laisser un cheval seul
  • Ignorer un cheval qui appelle ou manifeste son inconfort
  • Forcer un cheval à quitter ses copains
  • Décaler ou restreindre ses repas

 

 

Ces gestes paraissent petits, parfois insignifiants. Ils sont banals, transmis de génération en génération, reproduits sans y penser. Pourtant, ce sont eux qui usent les chevaux à petit feu, bien plus sûrement que les grands scandales qu’on aime pointer du doigt. Ce sont aussi eux qui choquent immédiatement les non-cavaliers, amis des animaux, quand ils découvrent notre milieu.

La bonne nouvelle ? Chacun de ces gestes peut disparaître dès aujourd’hui. Pas besoin de révolutionner le monde équestre d’un coup : il suffit de commencer par changer son propre quotidien.

Un cheval n’a pas besoin de perfection. Il a besoin d’un cavalier qui questionne ses habitudes, qui ose se remettre en question. Ces petites cruautés banales peuvent devenir, demain, de petites attentions banales. Et ce jour-là, ce sera déjà une grande victoire pour le monde de l’équitation.

Êtes-vous d’accord avec ma liste ? Ajouteriez-vous ou enlèveriez-vous des éléments ? Je peux changer d’avis… Ne pas s’énerver…

 

I Love You Kiss GIF by The Plooshies

Top 5 des pires erreurs que j’ai faites avec mon cheval (et comment les éviter)

J’en ai fait des erreurs avec ma jument. Certaines que je considère comme drôles, mais d’autres limite comme graves. J’ai donc fait un top 5 des erreurs que je considère comme les pires pour vous éviter de faire comme moi. Il sera bien sûr complètement impossible de toutes les éviter, mais voici les plus importantes.

Je les assume pleinement car elles m’ont permis d’évoluer et d’apprendre.

 

1. Avoir cru que le paddock sans herbe est bien pour un cheval

Pendant presque deux ans, j’ai accepté ce combo : paddock sans herbe car ça ne repousse jamais, un peu de foin, un copain parfois. Je me disais “c’est pas si mal”, “au moins elle n’est pas en box”…

Mais la vérité, c’est que le cheval se fait grave c****. Il mange, il attend. Il n’a rien à explorer, rien à faire. Et oui, il est content de nous voir parce qu’on est la seule distraction de sa journée…

 

Ce que j’en ai tiré : on peut faire mieux que “pas pire”. Et même si le paddock avec foin peut dépanner, ça ne doit jamais être une finalité. Votre cheval doit être au pré ou en paddock paradise pour forcer le déplacement.

 

horse GIF

 

 

2. Avoir insisté sur la compétition avec un cheval qui déteste ça

Un cheval, ça a une personnalité. Certains aiment la compétition, et d’autres non.

Peu importe la raison : peur, stress, flemme… s’ils n’aiment pas, on n’a pas à forcer. Ça ne marchera jamais et pire, votre cheval sera malheureux.

Des tonnes de chevaux aiment la compétition, enchaîner les parcours, etc. Mais malheureusement pas tous, donc il faut toujours faire attention à ça lors du choix du cheval. Difficile avec un poulain, mais je ne conseillerais jamais d’acheter un poulain à un débutant.

 

Ce que j’en ai tiré : quand ton cheval dit non, écoute-le et change tes objectifs. Ne le vends pas pour autant, découvre une autre vie tout aussi passionnante avec lui.

 

Pokemon Friendship GIF

 

 

3. Croire que le cheval a absolument besoin de travailler

Je lui inventais un petit planning d’athlète bien structuré, je venais pour travailler, entretenir, “stimuler”.

Mais bizarrement, elle n’avait aucune motivation pour aller en carrière. Et dès que je venais juste pour la promener, la faire brouter, rester tranquille… elle me suivait partout avec entrain et en redemandait.

Si vous ne visez pas les JO, sincèrement, pas besoin d’en faire autant.

Laissez votre cheval tranquille au pré, il sera très heureux, et sortez-le pour des séances fun (pas du “travail”, hein, des séances brouting, découverte des horizons par exemple).

Il est certain que les balades à pied doivent être plus longues quand le cheval ne fait rien, pour éviter de trop grossir, mais il marche déjà assez dans son pré pour éviter la sédentarité.

Au box, c’est un autre problème : le travail est obligatoire pour compenser le non-mouvement…

 

Ce que j’en ai tiré : un cheval n’a pas besoin de travailler, une bonne relation suffit.

 

Love You Hug GIF by SWR Kindernetz

 

 

4. Avoir acheté un cheval sans vraiment savoir ce que ça impliquait

Je pensais être prête. Mais entre le budget (allez voir mon Horse Cost Calculator ici), le stress, le temps, les décisions, les doutes… j’étais loin d’imaginer tout ça.

Je l’aime profondément. Mais clairement, ce n’est pas un rêve. C’est un engagement quotidien, exigeant et parfois épuisant. Une énorme responsabilité.

Le cheval aura besoin de nous pour toute sa vie si la relation se crée.

 

Ce que j’en ai tiré : on peut aimer les chevaux sans forcément être prêt à en assumer un. Et c’est ok. Mais mieux vaut le savoir avant.

 

Penguin Data GIF by Pudgy Penguins

 

 

5. Avoir trop écouté les pros

Le moniteur qui conseille sur les abcès, le véto sur les fers, le maréchal sur la nutrition… tout le monde a son avis… Et souvent, ils se contredisent…

J’ai bien compris qu’il ne fallait pas tout prendre dans les conseils pour ne pas se perdre, ne pas faire n’importe quoi aveuglément.

Aujourd’hui, je sais qu’il faut écouter, mais aussi chercher. Lire les études, croiser les sources, observer, réfléchir par soi-même.

Beaucoup trop se trompent, et parfois lourdement.

Et pire, en France, l’ésotérisme est à son maximum dans le monde équin, et certains se mettent à croire à n’importe quoi et donnent des conseils magiques complètement inutiles (même pas placebo, car aucun effet…).

 

Ce que j’en ai tiré : toujours appeler un vétérinaire pour un vrai souci de santé, c’est une évidence.

Mais pour tout le reste : s’informer, comparer, et se faire confiance.

 

Explain Pump It GIF by Pudgy Penguins

 

 

Conclusion

Je pourrais en faire une liste plus longue, vu toutes mes erreurs, soyons honnêtes.

Mais ces erreurs-là m’ont marquée et m’ont permis de changer des choses concrètes dans la vie de ma jument.

Aujourd’hui, je suis fière de dire que ma jument est heureuse, mais… je continue encore de faire de nombreuses erreurs !

À très vite pour le prochain article !

Comment bien gérer un cheval au pré ? 10 conseils clés

1. Toujours des copains, jamais seul

Un cheval est un animal grégaire. La solitude est une source de stress et de mal-être. Un compagnon est indispensable pour son équilibre mental.

 

2. Jamais de licol au pré

Laisser un licol, même bien ajusté, est dangereux : risque d’accrochage, d’étranglement et de blessures. Si besoin, optez pour un collier de pré sécurisé.

 

3. Une eau propre toute l’année

Un abreuvoir doit être vérifié quotidiennement. L’eau stagnante = bactéries, algues, et refus de boire. En hiver, cassez la glace matin et soir.

 

 

4. Le foin, le chauffage naturel

Un cheval produit de la chaleur en digérant le foin. Mieux vaut du foin à volonté que de le couvrir inutilement.

 

5. Tonte et couverture : évitez au pré

Un cheval passe 1h sur 24 à travailler, et 23h à gérer son corps naturellement. Ses poils sont là pour une raison : respectez son cycle naturel.

 

 

6. Un abri est obligatoire, surtout en été

Vent, pluie, grosse chaleur… Un abri ouvert est indispensable pour que le cheval puisse se protéger s’il en ressent le besoin.

 

7. Surveillance quotidienne obligatoire

Cheval, clôtures, état général : tout doit être vérifié chaque jour. Un cheval au pré n’est pas en autonomie totale.

 

8. Enrichissez son environnement

Évitez l’ennui : mettez le foin loin de l’eau pour l’inciter à bouger, installez une brosse à gratter, variez les terrains si possible.

 

 

9. Contre les tiques, hydratez les sabots

Appliquez une crème hydratante type Animaderm sur les sabots : ça gêne les tiques et réduit leur accrochage.

 

10. Masque anti-mouches : oui, mais pas H24 !

Un masque protège, mais il doit être enlevé et nettoyé régulièrement pour éviter les irritations et infections.

Comment faire monter son cheval dans un van ou un camion : conseils pratiques et immédiats

Vous essayez de faire monter votre cheval dans un van, mais il refuse ? Cet article est fait pour vous ! Attention cependant, ce guide n’a pas vocation à résoudre le problème sur le long terme, notamment si vous comptez utiliser un van régulièrement. Il a été rédigé pour vous aider dans des situations occasionnelles, avec des chevaux non habitués. Il est encore moins adapté aux chevaux traumatisés par cette « boîte machiavélique ».

 

 

Pourquoi le cheval refuse-t-il d’embarquer ?

Tout d’abord, il faut comprendre pourquoi le cheval refuse de monter en répondant à quelques questions :

  • Est-il déjà monté dans un van ?
    Si ce n’est pas le cas, cet article n’est pas destiné à cette situation, car je ne souhaite pas vous induire en erreur dans l’apprentissage. Un autre article arrivera sur ce sujet. Ici, nous nous concentrons sur les chevaux un peu réticents, pour des cas ponctuels.
  • Son voyage précédent s’est-il bien passé ?
    À moins d’un grave accident, ne vous inquiétez pas, nous allons vous aider à gérer la situation.
  • Y a-t-il un autre cheval avec lui dans le van ?
    Un cheval n’aime pas être seul. Il sera souvent plus rassuré s’il a un compagnon dans le van. La présence d’un congénère peut rendre l’expérience plus agréable pour lui. Toutefois, attention : ne lui retirez pas ce compagnon une fois qu’il est embarqué. Sinon, il se souviendra de ce « trafalgar » et pourrait refuser de monter la prochaine fois.
  • Est-il traumatisé par le van ?
    Si c’est le cas, cet article ne sera pas suffisant. Dans ce type de situation, il est préférable de faire appel à un professionnel qui saura résoudre ce genre de problème.
  • Ne savez-vous pas comment vous y prendre ?
    Parfait ! Cet article est là pour vous aider.
  • Comment procédez-vous actuellement ?
    Peu importe votre méthode, je vais vous donner une approche simple et efficace.
  • Avez-vous de la patience ?
    Comment ça « un peu » ? Il en faut beaucoup ! Avec les chevaux, la patience est toujours essentielle. Prévoyez une belle marge de temps si votre cheval est réticent à monter dans un van : c’est la règle principale !

 

 

La méthode à utiliser en temps réel

Bon, si vous lisez cet article dans le froid, à côté d’un van, pendant que votre cheval refuse obstinément de monter, je ne vais pas tourner autour du pot. Vous avez essayé de le faire entrer… et il est toujours dehors ?

Désolée pour vous, bon courage et… à plus tard !
Ahah, j’arrête mon humour douteux. Voici une méthode qui ne vient pas de moi mais qui fonctionne. Testée et approuvée sur plusieurs chevaux, dont ma jument.

 

 

Règle numéro 1 : Pas de violence

Pas de cravache, pas de stick, pas d’énervement. Ces méthodes ne feront qu’empirer la situation pour les prochaines fois, même si elles semblent « fonctionner » sur le moment. On range tout, on se calme, on respire profondément et lentement, et on reprend posément.

 

 

Comment procéder ?

Soyez patient et bienveillant avec votre cheval, et suivez ces étapes :

  1. Approchez calmement du van avec votre cheval.
    • Tentez de monter avec lui dans le van ou le camion.
    • S’il bloque, ne vous inquiétez pas, c’est normal sinon vous ne seriez pas en train de lire cet article.
  2. S’il recule :
    • Ne le suivez surtout pas, mais gardez la longe tendue. Attendez qu’il relâche la tension de son côté (ce qui correspond à un pas en avant, même infime).
    • Dès ce relâchement, cédez immédiatement de votre côté et récompensez-le avec sa friandise préférée.
  3. Répétez cette méthode progressivement :
    • À chaque signe d’effort de sa part (un pas en avant, un regard vers le van), récompensez-le.
    • Lorsque votre cheval pose un sabot sur le pont ou à l’entrée du van, ne forcez surtout pas. Récompensez largement, même s’il recule ensuite.
  4. Continuez jusqu’à ce qu’il monte complètement :
    • Le processus peut être long, mais si vous êtes constant et que le cheval vous fait confiance, il finira par monter.
    • Le plus « têtu » (dans le bon sens du terme) gagnera : restez plus persévérant que lui.

 

 

Quelques précautions importantes :

  • Prévoir une aide : Une seconde personne est indispensable pour fermer la barre de recul ou la porte dès que le cheval est à l’intérieur. Sinon, il risque de reculer, de se faire peur, voire de se blesser.
  • Sécurité avant tout : Soyez vigilant pour éviter les accidents (tant pour vous que pour lui).

 

 

Et si ça ne marche pas ?

Si, malgré vos efforts, votre cheval refuse toujours de monter, c’est que le problème est plus profond. Dans ce cas :

  • Abandonnez pour aujourd’hui, sauf en cas d’urgence vétérinaire (dans ce cas, faites appel à plusieurs personnes pour l’aider sans violence).
  • Ne considérez pas cela comme un échec.
  • Reprenez les bases et travaillez sur le long terme. Ce n’est pas un abandon mais une preuve de sagesse : savoir reconnaître quand il faut s’arrêter est une force.

Avec du temps, de la patience, et une méthode adaptée, vous y arriverez. Peut-être pas aujourd’hui, ni demain, mais souvent bien plus vite qu’on ne le pense.

 

 

Prévenir le problème sur le long terme

Je vous ai donné une méthode pour gérer sur le moment, mais le mieux reste de prévenir ce problème en apprenant à votre cheval à monter dans un van facilement, et pourquoi pas de lui-même.

Voici une vidéo très intéressante sur un cheval qui ne connait pas du tout le van :

 

Bien sûr, le van ou le camion doit être un endroit confortable pour lui :

  • Copain : Un autre cheval peut le rassurer.
  • Foin et bonnes odeurs : Rendre l’endroit agréable.
  • Température : Évitez les conditions trop chaudes ou trop froides.
  • Conduite douce : Les trajets doivent être le moins stressants possible.

De plus, ne lui laissez pas comprendre qu’un événement stressant l’attend. Adoptez une approche subtile : allez le chercher comme si c’était une journée ordinaire. Rien de pire que de sortir des protections spéciales de transport pour lui faire comprendre que quelque chose de désagréable va se passer !

Rappelez-vous que, même si le cheval n’est pas l’animal le plus « intelligent », il est très sensible à vos émotions. Si vous êtes inquiet ou stressé, il le ressentira immédiatement. À ce niveau-là, il nous surpasse largement !

 

 

Conclusion

Beaucoup de cavaliers ont été confrontés à ce problème, et c’est complètement normal. Ce n’est pas grave, et c’est un souci qui peut se résoudre avec du temps et des efforts.

Votre allié principal est la patience ! Armez-vous de munitions (friandises, calme, temps) et soyez prêt à repartir de zéro si nécessaire, surtout si le problème est plus profond qu’un simple « ça m’embête aujourd’hui ». Pour un cheval traumatisé, le processus demandera plus de travail, mais il est possible de réussir.

Courage ! Vous allez y arriver !

Et à très vite dans un prochain article !

Laisser son cheval pendant les vacances : conseils pour partir sereinement

Sentiment d’abandon

Partir en vacances, que ce soit pour une semaine ou plusieurs mois, quelle qu’en soit la raison, est toujours une décision difficile à prendre quand on voit son cheval plusieurs fois par semaine. C’est encore plus compliqué si on s’en occupe tous les jours.

Il n’y a pas pire sentiment que celui de partir en laissant son cheval, qui n’aura plus ses distractions quotidiennes si personne ne peut remplacer ce que vous faites habituellement. Vous trouverez toujours quelqu’un pour assurer les soins quotidiens, mais personne ne peut vraiment vous remplacer, et cela peut vous faire sentir coupable. C’est un sentiment que je ressens souvent (oui, je pars souvent en vacances, ahah).

Cependant, ce sentiment d’abandon n’est peut-être pas aussi partagé par le cheval que nous l’imaginons. Et si c’était plus fort de notre côté ? Tout simplement parce que notre cheval nous manque, et que nous sommes anxieux ou stressés de ne pas pouvoir tout surveiller comme d’habitude.

En partant, ne culpabilisons pas. Peut-être que ce sentiment vient davantage de notre besoin de le revoir que d’un véritable « abandon ».

 

sad the emperors new groove GIF

 

La situation réelle

Pour connaître réellement ce qui se passe en votre absence, il faudrait placer des caméras. Sans matériel, nous ne pouvons que deviner la situation.

Elle est pourtant assez simple : si, par exemple, vous passez 1 heure par jour avec votre cheval, cela signifie qu’il ne vous voit pas pendant les 23 autres heures. Ce ratio augmente encore si vous passez moins de temps. Ne vit-il pas déjà sans vous ? Vous êtes probablement pour lui un moment agréable lorsqu’il vous voit, mais il a déjà une vie bien occupée (manger, dormir, interagir… c’est déjà beaucoup de travail !).

Le cheval n’a pas de notion du passé ou du futur comme nous. Il ne pense pas à hier, ni à demain. Il vit pleinement dans le moment présent. Il ne se demande pas si vous êtes venu hier, ni si vous viendrez demain. Il pourrait ressentir un vrai sentiment d’abandon s’il vous attendait chaque jour à une heure précise, mais heureusement, il se pose beaucoup moins de questions que nous.

Le cheval est très routinier et peut donc être un peu perturbé au début, mais il s’adaptera rapidement à sa nouvelle routine si celle-ci lui convient.

Tant qu’il peut assouvir tous ses besoins fondamentaux et vivre avec des congénères qu’il apprécie, tout devrait bien se passer pour lui, surtout sur du court terme.

Cependant, une expérience personnelle m’a fait m’interroger et remettre en question tout ce savoir… Pendant le confinement, j’ai dû laisser ma jument pendant près de deux mois. Le sentiment de retrouvailles était très particulier : elle avait l’air sincèrement heureuse de me voir, et cela m’a émue aux larmes. Pourtant, au bout de 30 minutes, tout était redevenu comme avant, et le manque d’humain semblait avoir disparu. Elle était simplement contente d’avoir ma présence.

 

Disney gif. Elsa from Frozen looks left and right with anticipation and shivers with excitement.

 

Les choses à mettre en place

Un mode de vie optimal devrait suffire à satisfaire votre cheval. Un cheval vivant en paddock ou en pâture, avec un ou plusieurs congénères, disposant de foin à volonté et d’un point d’eau accessible, sera déjà bien pris en charge.

L’idéal est d’avoir tout de même quelqu’un pour assurer les soins (pansage, vérification de l’état général, des sabots, etc.), afin qu’il garde un minimum de contact humain. Sur le court terme, cela n’est pas indispensable.

Pour une absence prolongée, il est préférable de trouver une personne qui puisse passer plusieurs fois par semaine et vous donner des nouvelles de temps en temps. Quelques photos font toujours plaisir ! Si votre cheval a besoin de travailler, envisagez de chercher une demi-pension. Assurez-vous toutefois de bien tester cette solution avant votre départ pour éviter toute mauvaise surprise. Établir des règles et des consignes claires est indispensable, non seulement pour le bien-être de votre cheval, mais aussi, avouons-le, pour votre sérénité.

 

Reaction GIF by MOODMAN

 

Tout rentrera dans l’ordre

Quoi qu’il arrive, que vous partiez pour peu de temps ou pour une période plus longue, votre cheval s’adaptera rapidement, et tout rentrera dans l’ordre très vite. Les bonnes comme les mauvaises habitudes reviendront naturellement…

Rassurez-vous : il ne vous oubliera pas, et encore mieux, il ne vous en voudra pas.

Profitez de vos vacances, vous en avez besoin. Tout ira bien pour votre loulou.

À très vite dans un prochain article !

Pin It on Pinterest