Détox et drainage chez le cheval : pourquoi ces cures sont presque toujours inutiles

Les cures détox et drainantes sont extrêmement populaires dans le monde équin. Elles sont souvent recommandées au printemps après un vermifuge soit disant lourd, après l’hiver ou, lors des périodes de récupération. Présentées comme bénéfiques pour “nettoyer l’organisme”, elles sont aujourd’hui presque devenues un automatisme pour de nombreux propriétaires qui écoutent sagement les professionnels et appliquent.

Pourtant, ces pratiques reposent rarement sur une réelle nécessité physiologique chez un cheval en bonne santé. On retrouve d’ailleurs le même problème chez les humains, malgré les nombreuses études remettant en question leur utilité. Pourquoi un tel succès ? C’est parti pour mon article !

 

Video gif. A child dressed like a cowboy does a flashy 360 spin and points finger guns to one side.

 

Détox et drainage : des notions très floues

Définissons ces termes pour qu’ils soient clairs.

Le terme “détox” est largement utilisé dans le marketing du bien-être animal et humain. Il suggère l’élimination de toxines supposément accumulées dans l’organisme. Le problème est simple : ces toxines sont rarement définies, et encore plus rarement mesurées. Il s’agit donc d’un concept vague qui repose davantage sur une perception que sur une réalité scientifique clairement démontrée.

Le mot “drainage” est souvent utilisé dans le même contexte. Il est généralement présenté comme une stimulation des organes d’élimination, notamment le foie, les reins ou le système digestif. Pourtant, ce terme n’appartient pas réellement au vocabulaire médical vétérinaire. Il s’agit d’une notion issue du bien-être et de la phytothérapie dont la définition reste floue et variable selon les produits.

Dans la pratique, les cures dites détox ou drainantes poursuivent souvent le même objectif : aider un organisme supposé “chargé” ou “encrassé”. Mais les organismes ont-ils réellement besoin de cette “aide” ?

 

Jeep Elite Idk GIF by lnb_officiel

 

Le cheval possède déjà son propre système d’élimination

Le corps du cheval dispose naturellement de plusieurs organes spécialisés dans l’élimination des substances toxiques et des déchets métaboliques.

Le foie joue un rôle central. Il transforme les toxines, métabolise les médicaments et participe à la gestion de nombreux déchets produits par l’organisme. Son activité est permanente et essentielle à l’équilibre physiologique du cheval. Les reins assurent la filtration du sang et permettent l’élimination des déchets solubles via l’urine. Ils participent également à la régulation de l’équilibre hydrique et minéral. Le système digestif contribue lui aussi à l’élimination naturelle des déchets issus de la digestion et du métabolisme.

Chez un cheval sain, ces mécanismes fonctionnent en continu. L’organisme ne stocke pas les toxines en attendant une cure saisonnière  “Super Detoxor Premium” pour les éliminer.

En résumé, pour simplifier : un cheval en condition normale n’a pas besoin d’aide.

 

American Man GIF

 

Pourquoi ?

L’idée selon laquelle l’organisme d’un cheval pourrait “s’encrasser” progressivement est largement répandue mais elle ne repose pas sur une base physiologique solide. Le foie n’est pas un filtre mécanique qui se bouche avec le temps. Il transforme et élimine les substances en permanence.

Les cures détox ou drainantes sont souvent administrées à des moments précis de l’année : après l’hiver, après une période d’inactivité ou après une saison sportive. Ces pratiques relèvent le plus souvent d’habitudes ou de traditions, plutôt que d’un besoin médical réel.

Stimuler artificiellement un organe qui fonctionne normalement n’a pas d’effet démontré sur la santé globale du cheval. Augmenter la production d’urine ne signifie pas éliminer davantage de toxines spécifiques, tout comme stimuler la production de bile ne correspond pas à un “nettoyage” de l’organisme. Cela pourrait même avoir davantage d’effets négatifs que bénéfiques… si effet il y a…

 

Tyler James Williams No GIF by ABC Network

 

Quand un soutien de l’organisme peut être justifié ?

Lorsque le cheval en a réellement besoin pour sa santé. Certaines situations, plus rares, peuvent nécessiter un soutien des fonctions d’élimination. C’est notamment le cas lors d’atteintes hépatiques, d’intoxications, de troubles métaboliques ou lors de certains traitements médicamenteux lourds.

Dans ces situations, il ne s’agit plus d’une démarche de bien-être général, mais d’un problème médical qui nécessite un diagnostic et un suivi vétérinaire. Les protocoles utilisés sont alors adaptés à la pathologie et au cheval concerné.

L’utilisation systématique de cures standardisées chez des chevaux en bonne santé ne répond pas à cette logique médicale.

 

X-Ray Vintage GIF by U.S. National Archives

 

Ce qui soutient réellement la santé d’un cheval ?

La santé globale d’un cheval repose avant tout sur des éléments fondamentaux souvent plus efficaces que n’importe quelle cure ponctuelle.

Fourrage de qualité à volonté, possibilité de se déplacer librement, vie sociale avec des congénères, accès permanent à l’eau… les bases restent les meilleures alliées de la santé équine. Il n’y a souvent rien d’autre à ajouter.

Quelle est la meilleure méthode de parage pour un cheval ? Spoiler : pas celle que tu penses

Méthodes de parage : et si aucune n’avait raison toute seule ?

 

J’ai suivi une formation de parage pour apprendre à parer ma jument.

C’était très intéressant, j’ai appris énormément de choses. J’étais convaincue d’avoir choisi la meilleure formation et honnêtement, je le pense encore.

 

Ai-je été endoctrinée ? Je n’en sais rien.

 

No Idea Idk GIF by Muppet Wiki

 

La méthode ne sera volontairement pas citée car le but de cet article n’est pas d’en vendre une. Je n’en citerai aucune.

 

Après des années de réflexion et trois types de parage différents testés sur ma jument, je suis arrivée à une conclusion que je vais essayer d’expliquer ici.

 

Pour une fois, je doute un peu de ce que j’ai appris.

Et surtout, je trouve que ce milieu manque cruellement d’études sérieuses, à large échantillon et réellement reproductibles.

Je n’affirmerai donc rien. Je partage simplement mon analyse, basée sur mon expérience.

 

Excited Stock Market GIF by Pudgy Penguins

 

Ma jument a été parée longtemps selon la méthode de la formation que j’avais suivie.

Par un pareur bien plus expérimenté que moi (car je ne sais toujours pas parer moi-même malgré la formation… chacun ses compétences on va dire…).

 

Pendant longtemps, au fond de moi, je n’ai jamais été totalement satisfaite.

 

Moins d’abcès qu’avant, quand elle était ferrée, certes. Mais toujours des abcès, une grosse sélection du terrain, des hipposandales quasi obligatoires pour éviter les soucis, une sensibilité importante après chaque parage pendant deux ou trois jours, etc.

 

J’avais beau faire confiance, je n’étais jamais rassurée à 100 %. Mais c’était la meilleure méthode donc il fallait suivre. Les autres ne pouvaient être que moins bien.

 

Lil Yachty Drake GIF by hamlet

 

Puis il y a eu un déménagement. Et donc, un changement de pareur, non choisi pour sa méthode au départ. Une autre façon de faire, une autre approche.

 

Je peux vous dire que j’ai eu très peur.

Qu’est-ce que je fais ? Je suis folle ?

Tout ce travail va être gâché ?

Il ne faut pas toucher à ci, ni à ça, ça ne va pas être fait correctement…

 

Mais il fallait bien parer les pieds de ma jument. C’était toujours mieux que de laisser pousser…

 

Alors je me suis dit : on essaye une fois.

Et après, au pire, je chercherai quelqu’un d’autre.

 

Looking Joe Biden GIF by GIPHY News

 

Et là, très simplement, sans miracle ni discours… ma jument a été instantanément mieux.

Moins sensible. Plus stable. Plus confortable.

 

Je ne suis absolument pas en train de dire que cette nouvelle méthode est la meilleure.

Je dis juste une chose : elle convenait mieux à ma jument.

 

Schitts Creek Yes GIF by CBC

 

Et c’est là que j’ai commencé à douter de la question qu’on pose toujours : Quelle est la meilleure méthode de parage ?

 

Existe-t-il vraiment une méthode universelle, valable pour tous les chevaux, tous les terrains, toutes les histoires ?

Ou existe-t-il surtout des chevaux différents, avec des pieds différents, des corps différents, des vécus différents ?

 

Chaque méthode pense faire ce qu’il y a de mieux, je le crois sincèrement.

Je ne pense pas qu’un professionnel se dise : « Tiens, cette méthode est nulle, je vais parer les chevaux comme ça pour les blesser.»

 

Pourtant, c’est un fait : ma jument a perdu son énorme sensibilité en changeant de méthode, pour une méthode que je trouvais pourtant moins bonne sur le papier.

 

Taking Notes Ryan The Office GIF by MOODMAN

 

Aujourd’hui, je pense donc qu’il faut arrêter de chercher la “bonne méthode”.

Et regarder 3 indicateurs beaucoup plus simples :

  • Est-ce que mon cheval est confortable ?
  • Est-ce qu’il se déplace sans douleur ?
  • Est-ce qu’il va mieux qu’avant ?

 

Il faut surtout arrêter d’espérer qu’une sensibilité ou une gêne passe par magie, simplement parce qu’on nous dit que “c’est normal”.

 

Parce qu’au final, la meilleure méthode de parage, ce n’est ni la plus populaire, ni celle qui a le meilleur storytelling. C’est celle qui ne fait pas boiter ma jument ou votre cheval.

 

X Factor Reaction GIF by X Factor Global

 

Qu’en pensez-vous ?nSuis-je complètement à côté de la plaque ? Qu’avez-vous observé avec votre cheval ?

N’hésitez pas à partager votre avis.

C’est la première fois que j’exprime publiquement une réflexion sur laquelle je mets autant de nuances et de doutes.

Et oui, je ne prétendrai jamais avoir une vérité à 100 %.

 

Pixel Love GIF by Mini Cat Town

Faut-il couvrir son cheval ? Pourquoi les couvertures protègent mal (analyse technique)

Ne pas mettre de couverture paraît toujours bizarre et on nous pose énormément de questions… La plupart des gens, au premier frisson humain, se diront que leur cheval doit ressentir exactement la même chose : “J’ai froid donc il a froid, il a besoin d’un manteau comme moi !”

Sauf que non en fait.

 Le cheval n’est pas un humain fragile qui grelotte dès que la température passe sous les 10°C. C’est un animal génialement conçu pour gérer le froid… à condition qu’on le laisse faire son travail et que son environnement ne soit pas extrême.

Note : Cet article n’est pas destiné aux chevaux vivant au fin fond du Canada, soyons honnêtes.

En voulant faire bien, on met des couvertures mais, techniquement, elles posent problème : elles protègent mal, souvent au mauvais endroit, et remplacent un système naturel infiniment plus performant.

Voici les points dont on ne parle pas assez dans le monde équin, notamment des points techniques… alors que les sports d’alpinisme et de randonnée pédestre sont, eux, bien plus avancés sur ces questions.

 

Crusoegifs science chemistry science experiment crusoe GIF

 

Le cheval ne déteste pas le froid, il déteste le vent

C’est la première chose à comprendre. Un cheval en bonne santé, avec du poil et du foin, est parfaitement à l’aise dans des températures où nous, humains, serions en manteau de ski. Sa zone de confort thermique se situe entre 5°C et 25°C et s’adapte même selon son environnement. 5°C ! Moi je gèle à 5°C !

C’est donc difficile d’imaginer qu’un cheval puisse aller bien… mais il faut faire confiance à la science.

Ce que le cheval redoute vraiment, c’est :

– le vent qui s’infiltre dans les oreilles

– les rafales sur la tête

– le froid qui attaque la base du cou

– le ruissellement vers le sternum

La couverture, elle,  bah elle protège… le dos ! Pas la tête, pas le ventre, pas les membres.

Bref : là où le cheval en a le moins besoin.

 

TV gif. Chris Pratt as Andy on Parks and Recreation looks straight at the camera as he cringes, gritting his teeth widely. He shakes his fists and then goes to bite his fist.

 

 

Observez un cheval dans un pré venteux : il se met dos au vent pour protéger sa tête, quitte à ce que sa couverture se gonfle comme un ballon. C’est son instinct, sa vraie protection. La couverture ne peut pas l’aider dans ces conditions…

 

Les zones sensibles ne sont pas celles que la couverture recouvre

Les parties du corps réellement exposées au froid ou à l’humidité sont : le sternum, la base du cou, les flancs, le ventre, les membres, les oreilles et le chanfrein. La couverture ne protège aucune de ces zones à ma connaissance. Elle couvre le dos (déjà épais, arrondi et très bien isolé) et les reins (protégés par les masses musculaires). C’est littéralement l’endroit où il a le moins froid si non tondu. C’est comme couvrir un humain avec un manteau quand il est fait froid mais sans pantalon, sans gants, sans. bonnet.

 

Video gif. A man in a business suit is stuck hips down in snow during a blizzard. His hair is messy and dusted with snow, ice forming on his beard. Snow pummels him as he shivers intensely.

 

“Imperméable” + “respirant” n’existe pas vraiment

Techniquement, c’est impossible. Même Gore-Tex n’arrive pas totalement à combiner les deux pour les humains.

Ce qu’on sait : 

Plus un tissu est imperméable → moins il respire.

Plus il respire → moins il est imperméable.

 

Les couvertures équines utilisent : des enductions polyuréthane (très peu respirantes), du polyester (plus respirant mais vite dépassé sous pluie prolongée) et très rarement de vraies membranes type Gore-Tex (trop fragiles, trop chères).

 

Cela a pour conséquence directe que la vapeur d’eau condense sous la couverture surtout si le grammage est trop haut ou si la température remonte. Le cheval sera donc humide dessous et un cheval humide a beaucoup plus froid qu’un cheval mouillé par la pluie car son humidité interne ne peut pas s’évacuer. C’est un point technique imparable, non ?

 

That Science Guy Chemistry GIF

 

Le poil naturel est une technologie largement supérieure

Le cheval possède son propre “système thermique haute performance” : le poil. Sa technicité est impressionnante : il se hérisse pour emprisonner une couche d’air chaud et s’aplatit si le cheval a trop chaud. Il protège même mouillé (grâce au sébum), sèche vite et s’adapte en temps réel à la météo. Quel textile artificiel peut se venter de faire ça ? Aucun.

C’est un système vivant, intelligent et auto-adaptatif. À côté, la couverture reste un manteau rigide et passif.

 

Bundle Up A Christmas Story GIF

 

La couverture sert surtout à remplacer un poil… que le cheval n’a plus (si tondu)

Une couverture n’est utile que lorsque le cheval a perdu son isolation naturelle parce qu’il a été tondu, couvert trop tôt (poil qui pousse moins) ou parce qu’il a un réel problème métabolique.

La couverture ne sert pas à “protéger un cheval du froid”, mais à remplacer un poil qu’il ne peut plus utiliser souvent (pas tout le temps) en raison d’un choix humain, valable ou non.

C’est un cercle vicieux car si on couvre tôt → le poil pousse moins → le cheval a froid → on couvre plus → le poil travaille encore moins et ainsi de suite. Cela justifie pourquoi tant de chevaux ont besoin de couverture.

 

Kawaii gif. Pudgy penguin has a bow on her head and she leans her head on a table as she sobs. There's a puddle of tears around her head on the table.

 

La condensation sous couverture donne plus froid que la pluie

Ce point semble être le plus méconnu. Sous une couverture trop chaude ou mal respirante le cheval transpire légèrement, l’humidité reste piégée, ça condense, l’isolation disparaît et bam, le corps se refroidit. Le cheval “protégé” aura ainsi plus froid qu’un cheval sans couverture.

 

Freezing Parks And Recreation GIF by MOODMAN

 

Le cheval chauffe grâce au foin… pas grâce à la couverture

Les chevaux produisent de la chaleur via la digestion des fibres ce qui en fait leur chauffage central. Un cheval avec les 3 basiques, c’est-à-dire, du foin, de la liberté de mouvement et un abri pour s’isoler du vent n’aura pas froid et donc n’a pas besoin de couverture. La couverture ne chauffera jamais rien. Elle ne fait que piéger la chaleur si le cheval en produit assez.

 

Fuzzlets love happy i love you joy GIF

Et alors… quand couvrir ?

Rarement. Voici les bonnes raisons réelles :

– cheval tondu

– cheval très âgé avec perte d’état significative

– conditions extrêmes : pluie + vent + impossibilité de se mettre à l’abri

– pathologie ou faiblesse avérée

– c’est tout

 

In Real Life Mic Drop GIF by Pudgy Penguins

 

See you next month pour le prochain article !

 

Le mythe du cheval rustique : où s’arrête la nature et où commence la négligence ?

Cheval rustique…

On entend souvent ce terme pour désigner les chevaux “mastoc”, plus résistants que les autres, notamment que les “chevaux de sport”.

Ils peuvent vivre dehors toute l’année, se débrouiller seuls, n’auraient pas besoin d’autant d’attention qu’un autre…

 

proud oh yeah GIF by Sky

 

Mais qu’est-ce que ce terme signifie vraiment ?

Un cheval rustique, au sens réel du terme, désigne un cheval capable de s’adapter à un environnement plus contraignant : climat froid, terrain irrégulier, nourriture plus grossière.

Il possède un métabolisme économe, un poil dense, une peau épaisse. Il supporte mieux les variations de température. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’a pas de besoins, ni qu’il ne peut pas avoir de problèmes.

Être rustique ne veut pas dire être invincible. Cela veut simplement dire qu’il s’adapte mieux, à condition qu’on lui en donne les moyens.

 

Taking Care Mother GIF

 

Les croyances tenaces

Certains pensent qu’un cheval rustique n’a besoin ni d’abri, ni de ration, ni de soins particuliers.

Ils confondent résistance et immunité. Oui, il supportera mieux le froid qu’un cheval tondu, mais il ne sera jamais à l’abri de l’humidité constante, de la boue ou du manque d’abri.

“Il ne se blesse jamais.”

Faux. Les chevaux rustiques se roulent, jouent, galopent, vivent… bref, ils peuvent se blesser comme tous les autres. La différence, c’est qu’ils vivent dehors : les petites plaies passent parfois inaperçues… jusqu’à ce qu’elles s’infectent.

 

“Il n’a pas besoin de complément.”

Faux. Une alimentation “simple” ne veut pas dire “carencée”. L’herbe d’hiver ne suffit pas, et le foin ne couvre pas tout. Les chevaux rustiques ont eux aussi besoin d’un apport en minéraux adaptés, surtout quand ils vivent sur des terrains pauvres.

 

“Il n’a pas besoin de couverture.”

Ça dépend. Certains s’en sortent très bien sans, d’autres non : vieux chevaux, métabolismes fragiles, pluie froide sans abri… Ce n’est pas le poil qui protège, c’est la possibilité de se mettre à l’abri.

 

“Il est dehors, donc heureux.”

Pas forcément. Un cheval dehors mais isolé, sans espace sec, sans abri et sans compagnon, n’est pas plus épanoui qu’un cheval au box. La liberté sans confort ni lien social n’a rien de naturel.

 

“Ses pieds ont besoin de moins d’entretien.”

Faux. Sans parage, les pieds s’usent mal, se déforment ou deviennent douloureux. Même les sabots les plus “solides” ont besoin d’un suivi régulier. La rusticité est une capacité d’adaptation et non une excuse pour l’inaction.

 

Frustrated Katy Perry GIF by American Idol

 

 

Les vrais besoins de ces chevaux

Eh bien… ce sont les mêmes que tous les autres ! Aucune différence. Un cheval rustique reste un cheval : il a les mêmes besoins fondamentaux que n’importe quel autre (mouvement, compagnie, alimentation continue). Ce qui change, c’est seulement la marge de tolérance… et encore.

Il encaissera mieux le froid, mais pas la solitude. Il gèrera mieux une ration simple, mais pas le manque d’eau propre ou de fibre.

Le bon sens consiste à lui offrir un cadre qui respecte cette vie, sans le priver de confort ni de soins sous prétexte qu’il est “rustique”.

Être rustique ne veut pas dire qu’il faut “laisser faire la nature”.

 

Magic Penguin GIF by Pudgy Penguins

Conclusion

Le vrai cheval rustique n’est pas celui qu’on oublie dehors parce qu’il “s’en sortira”. C’est celui qui vit simplement dans un environnement pensé pour lui, avec un humain présent mais discret.

Respecter sa nature, ce n’est pas s’effacer : c’est lui offrir les conditions pour exprimer pleinement ce qu’il est, sans jamais le laisser seul face à nos illusions. La vraie rusticité, c’est celle qu’on observe avec bienveillance, pas celle qu’on impose par facilité.

Rdv le mois prochain pour un nouvel article !

 

Les petites cruautés banales que les cavaliers infligent aux chevaux (sans même y penser)

Je trouve que les cavaliers sont souvent cruels avec leurs chevaux. Je pense que je l’ai moi-même été, inconsciemment… On les maltraite sans faire exprès, à cause de mauvais apprentissages ou, tout simplement, à cause du concept même de l’équitation. Un jour, en voyant quelqu’un faire quelque chose qui m’a choqué, mais qui semblait si banal, je me suis demandée si ce genre de gestes n’étaient pas en réalité ultra nombreux. Je me suis donc attelée à en faire une liste.

Je ne vais pas argumenter ni détailler, parce qu’il n’y a rien à prouver. Ces gestes existent, tout cavalier les a déjà vus, parfois répétés, parfois subis par son propre cheval. Ce sont des faits.

 

 

 

Alors, au lieu d’en discuter pendant des pages, je préfère les mettre noir sur blanc. Une liste brute, sans justification. La voici, en 4 catégories :

À l’attache / au pansage

  • Attacher trop court
  • Laisser attaché trop longtemps (soins, discussions) sans eau ni foin
  • Brosser trop fort sur les zones sensibles (ventre, garrot, tête)
  • Curer le pied en forçant, au lieu de demander
  • Couper les vibrisses (moustaches)
  • Tondre pour le confort du cavalier

 

Sad Chick GIF

 

 

Avec le matériel

  • Mettre des fers sans questionner
  • Serrer la muserolle / le noseband
  • Mettre un mors inadapté
  • Appuyer fort sur le chanfrein en licol
  • Utiliser des enrênements
  • Poser une selle ou un tapis mal adaptés
  • Monter avec une sangle qui pince ou un mors sale

 

Au travail

  • Tirer d’un coup sec sur la longe ou le licol
  • Taper l’encolure ou la croupe
  • Donner un coup de talon
  • Donner un coup de cravache
  • Mettre des éperons
  • Sanctionner un cheval qui sursaute ou a peur
  • Ne pas donner de pauses pendant la séance
  • Faire galoper ou trotter longtemps “pour fatiguer”
  • Travailler malgré les signaux de douleur (oreilles couchées, défenses, refus)
  • Monter sans échauffement
  • Garder les rênes serrées en permanence
  • Monter sans prendre en compte le rapport cavalier/cheval (poids, morphologie)
  • Se hisser brutalement sans montoir, en tirant sur le garrot ou la bouche
  • Monter sans variété (cheval vu uniquement comme “monture”)
  • Monter tout court
  • Certaines disciplines…

Wild West Texas GIF by Pudgy Penguins

 

 

Dans la gestion quotidienne

  • Mettre une couverture et la laisser tout le temps
  • Sortir le cheval trop peu (box 23h, travail 1h)
  • Ne jamais lui offrir de vraie liberté (pré, paddock, balade en main)
  • Laisser un cheval seul
  • Ignorer un cheval qui appelle ou manifeste son inconfort
  • Forcer un cheval à quitter ses copains
  • Décaler ou restreindre ses repas

 

 

Ces gestes paraissent petits, parfois insignifiants. Ils sont banals, transmis de génération en génération, reproduits sans y penser. Pourtant, ce sont eux qui usent les chevaux à petit feu, bien plus sûrement que les grands scandales qu’on aime pointer du doigt. Ce sont aussi eux qui choquent immédiatement les non-cavaliers, amis des animaux, quand ils découvrent notre milieu.

La bonne nouvelle ? Chacun de ces gestes peut disparaître dès aujourd’hui. Pas besoin de révolutionner le monde équestre d’un coup : il suffit de commencer par changer son propre quotidien.

Un cheval n’a pas besoin de perfection. Il a besoin d’un cavalier qui questionne ses habitudes, qui ose se remettre en question. Ces petites cruautés banales peuvent devenir, demain, de petites attentions banales. Et ce jour-là, ce sera déjà une grande victoire pour le monde de l’équitation.

Êtes-vous d’accord avec ma liste ? Ajouteriez-vous ou enlèveriez-vous des éléments ? Je peux changer d’avis… Ne pas s’énerver…

 

I Love You Kiss GIF by The Plooshies

Poids du cavalier : êtes-vous trop lourd pour votre cheval ?

Voici un sujet qui va peut-être fâcher… le poids du cavalier ! Ce n’est pas du tout évident à aborder mais cela me semble nécessaire car j’entends tout et n’importe quoi sur le sujet.

J’estime pourtant que c’est ce qu’il y a de plus important pour le bien-être de nos chevaux si l’on souhaite continuer à monter.

Bien sûr, chaque cheval est différent. Certains semblent en apparence porter “lourd” sans problème… mais la science est claire et les chiffres aussi.

 

newton watching GIF

 

1. Ce que disent les études

Pour éviter d’argumenter dans le vide, j’ai cherché plusieurs études sur le sujet. Certaines sont plus valables que d’autres, et je trouve qu’il manque encore de la recherche. Mais plusieurs équipes se sont tout de même penchées sur l’impact du poids du cavalier :

  • Powell (2008) : lors d’un test d’endurance, les chevaux soumis à plus de 15 % de leur poids corporel montraient une fatigue accrue (fréquence cardiaque plus élevée, température corporelle, lactates sanguins).
  • Dyson : en dressage, certains chevaux montés par des cavaliers lourds (20 % et plus) ont présenté des signes de boiterie et de douleur dorsale.
  • Université d’Aarhus (2020) : à très court terme, ajouter 15 à 25 % du poids du cavalier n’a pas modifié le comportement ou le rythme cardiaque des chevaux… mais l’étude ne portait que sur une séance de 20 minutes.

Le consensus est clair aujourd’hui : au-delà de 15 % du poids du cheval, les risques augmentent fortement, surtout si la monte est répétée et intense.

Attention, ces calculs incluent tout le matériel : votre poids + vêtements + bottes + selle + tapis + protections. On dépasse vite les chiffres théoriques, même en étant fit.

 

Sexy Fitness GIF

 

 

Voici des chiffres, avec marges, pour rendre le tout plus concret :

  • Côté cavalier : vos bottes pèsent environ 2 kg, votre casque 0,5 kg, et vos vêtements, gants et accessoires ajoutent encore 1 kg. Rien d’énorme, mais déjà 3,5 kg de plus.
  • Côté cheval : la selle représente en moyenne 7 kg, le tapis 1 kg, la sangle 1 kg, le filet et le mors 1 kg, et les protections (guêtres, cloches, etc.) environ 1 kg. Là encore, on grimpe à 11 kg supplémentaires.

Additionnez les deux : à chaque fois que vous montez, votre cheval porte environ 15 kg de plus que votre seul poids.

 

Camping First Day Of Camp GIF

 

 

Concrètement :

  • Un cavalier de 55 kg ne pèse pas 55 mais environ 70 kg une fois en selle.
  • Un cavalier de 65 kg ne pèse pas 65 mais environ 80 kg pour son cheval.
  • Un cavalier de 70 kg grimpe facilement à 85 kg porté.

Ce calcul change tout, surtout quand on le ramène à la fameuse règle des 10–15 % du poids du cheval.

 

all good thumbs up GIF by PBS KIDS

 

 

Exemple chiffré avec la règle des 15 %… Prenons deux chevaux, l’un grand (1m70) et l’autre plus petit (1m50) :

  • Cheval d’1m70 : son poids moyen tourne autour de 600 kg → 15 % = 90 kg maximum, matériel compris. Autrement dit, si vous pesez 75 kg, avec vos vêtements et l’équipement vous arrivez vite à 90 kg.
  • Cheval d’1m50 : son poids moyen est d’environ 450 kg → 15 % = 67 kg maximum, matériel compris. Donc un cavalier de 55 kg en réalité “pèse” près de 70 kg une fois équipé !

La solution n’est pas de se mettre au régime ni d’acheter du matériel ultra-léger. Le but de cet article n’est pas de créer des TCA mais d’éclairer sur la réalité de la monte.

Quand on lit ces chiffres, on peut se dire que monter un petit cheval, même si c’est sympa, n’est peut-être pas l’idéal. Monter un grand cheval semble plus raisonnable pour éviter tout problème.

 

breath of the wild running GIF

 

 

2. Le parallèle avec la randonnée pédestre

Pour les randonneurs, les médecins du sport recommandent de limiter le poids du sac à 15–20 % de son poids corporel. Si vous partez marcher 10 minutes avec un sac trop lourd, vous ne sentirez rien. Mais, faites la même marche sur une journée entière, ou plusieurs jours de suite… les douleurs de dos, la fatigue et les blessures apparaissent vite.

Partez faire le test, vous verrez. Personnellement, je suis très entraînée, je fais énormément de randonnée (GR20 inclus), et je galère au-dessus de 10 kg. J’ai envie d’enlever mon sac non-stop… Pour qu’un sac reste agréable sur toute une journée, c’est idéalement 7 kg maximum. Après j’exagère peut-être un peu mais je ne pense pas être une chochotte non plus.

Le cheval vit exactement la même chose ! Il n’est pas incroyablement plus puissant que nous du point de vue rapport poids/force.

Il peut encaisser une séance ponctuelle, bien sûr. Mais, jour après jour, semaine après semaine, la surcharge use son dos, ses articulations et ses muscles.

Demandez-vous honnêtement : si vous pesez 60 kg ou moins, accepteriez-vous de marcher tous les jours avec un sac de 15 kg (25 % de votre poids), juste parce que “vous tenez le coup” ?

 

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3. Ce que cela implique pour nous cavaliers

C’est un sujet qui dérange parce qu’il nous renvoie à nous-mêmes.

Si vous dépassez les 15–20 %, il ne s’agit pas de vous juger ou de vous culpabiliser. L’objectif est simplement d’informer sur une réalité biomécanique.

Ni aucune selle miracle, ni aucune technique de monte spéciale ne pourra effacer ces lois physiques.

 

Sorry Art GIF by Monkiddo

 

 

Alors, quelles sont solutions possibles ?

  • Choisir un cheval adapté à votre morphologie.
  • Limiter le temps monté et varier avec du travail à pied, aux longues rênes ou en liberté.
  • Être lucide sur le poids réel porté : cavalier + selle + équipement.

Parce qu’aimer son cheval, ce n’est pas seulement le monter. C’est aussi accepter parfois que lui épargner notre poids, c’est lui rendre un énorme service.

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